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Dans
l'Oran musical du troisième millénaire, où
l'on se soucie fort peu de la baisse de forme du raï canal
Major, le canal Historique continue de fonctionner à plein
volume et , chaque année, plusieurs dizaines de chebs,
installés déjà ou prometteurs, se disputent
le terrain du fameux "tube de l'été".
C'est à dire que la concurrence est très rude et
la réussite pas toujours évidente sauf si l'on apporte
un peu de son neuf.
C'est le cas de Akil (c'est son nom de famille, son prénom
étant Abdelkader), né il y a 27 ans à Khemis-Miliana,
une ville moyenne, à mi-chemin entre Alger et Oran, nichée
dans la vallée de l'ouest Chlef, le plus long fleuve d'Algérie,
double héritière d'un patrimoine chaâbi algérois
et d'un raï à accent rural.
Tout petit, il écoutait ses aînés Khaled et
Mami avant de s'enticher du raï love de Cheb Hasni et passe
le plus clair de son temps à pousser la chanson et à
susciter l'admiration de ses copains. Il a à peine 13 ans
quand il est sollicité par un producteur pour enregistrer
une première cassette.
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C'est
Abdelkader Cassidy, qui fut le pygmalion de tous les artistes raï
des années 80 et 90 qui lui donnera sa chance en lui faisant
graver tout un album de reprises, histoire de le plier à
la coutume oranaise qui lance les nouveaux talents à à
coups de titres déjà éprouvés.
C'est par sa voix chaude et nuancée que Akil fera la différence,
d'autant qu'il s'avère être un joueur de synthé
frisant l'excellence par ses lignes mélodiques tranchant
avec celles, trop tracées et trop convenues et sans imagination
d'autres musiciens officiant derrière cet instrument clé
du raï. Tête bien faite et surtout tête bien pleine
d'ouverture et d'inventivité (il signe lui-même tous
les arrangements) ; le Cheb se distingue très vite, en 1989,
par un morceau percutant, intitulé " Ne me quitte pas
Omri " et intégré dans une compilation, que,
comble d'honneur, Cheb Bilal reprendra plus tard, lui qui n'interprète
exclusivement que ses propres chansons.
Du reste, Bilal classe Akil parmi ses chanteurs favoris. Mais c'est
en 1995 qu'il rejoindra sur le podium des valeurs confirmées
du raï resté au pays comme Cheb Abdou ou Chaba Kheira.
En effet, le titre " Tahasdou oula T'ghirou " (envieux
ou jaloux), vendu à plus d'un million d'exemplaire, lui ouvre,
toutes grandes, les portes de la notoriété. Ce gros
succès maghrébin, grâce à la parabole,
lui fait gagner la gloire sans lui faire perdre l'esprit. Ni une
inspiration encore et toujours aussi féconde. Il le démontrera
avec de nouvelles compositions, dont " Malade Mentale ",
lancé par les Dj's locaux et une émission télé.
Akil, qui s'est produit partout en Algérie en jouant parfois
les prolongations (il a chanté pendant quatre mois à
Bejaia, capitale de la petite Kabylie) a enthousiasmé les
spectateurs du Sfina, un endroit très côté de
la corniche algéroise et a brisé le tabou qui consiste
pour les producteurs oranais à n'enregistrer que les gens
de leur région.
Quand il n'est pas en tournée ou en studio, notamment celui
de Sono Star où il a gravé l'album que nous vous présentons,
Akil ne lâche pas la musique puisqu'il travaille sans relâche
dans son home studio à Alger où il réside désormais.
A la recherche de nouveaux concepts qu'il nous proposera bientôt
sur www.kimania.com en exclusivité.
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